Depuis le début du second confinement, est apparue une notion que l’on entend tous les jours à présent, les produits essentiels et les produits non essentiels.

Les commerces essentiels et non essentiels

Le cafouillage a commencé du côté du gouvernement lors de l’annonce des règles relatives au second confinement avec la distinction entre les commerces essentiels et les commerces non essentiels.
Le gouvernement, qui a pris la décision de confiner une seconde fois le pays, a souhaité un confinement allégé avec le maintien des écoles, collèges et lycées ouverts et certains commerces. Seulement, pour distinguer ceux qui auraient le droit d’ouvrir ou non, celui-ci a sorti de son chapeau la notion de “commerces essentiels”.

Ainsi, les supermarchés sont considérés comme des commerces essentiels, les commerces de bouche (boulangerie, boucherie …) également tandis que les restaurants, bars et parfumeurs ne le sont pas.

Soit.
Sauf que le week-end suivant l’annonce du confinement, les règles n’étant pas précisément édictées, chaque ministère, chaque syndicat professionnel, chaque commerçant y est allé de son appréciation de la situation.

Ainsi, apprenait-on que les coiffeurs à domicile pouvaient exercer, tandis que les coiffeurs en salon restaient fermés et que les magasins d’aménagement de la maison pouvaient ouvrir leurs portes tels Leroy-Merlin ou encore Gifi … De quoi semer la discorde entre les professionnels d’un même secteur d’activité et dans la société, complètement perdue par des annonces contradictoires.  

Depuis, les règles ont été précisées. Pourtant, les situations restent parfois confuses. Elles se sont déplacées à présent sur la distinction entre produits essentiels et produits non essentiels.

Les produits essentiels et les produits non essentiels

Durant des jours, les petits commerçants se sont élevés contre la concurrence jugée déloyale, faite par les supermarchés qui vendent aussi bien des livres que du maquillage ou encore des jouets.
Les libraires contraints de fermer boutique n’ont pas été les seuls à se faire entendre.
Tellement bien que les commerçants dits de proximité ont obtenu l’interdiction de vente, par les gros acteurs du commerce, des produits autres qu’alimentaires.
Ainsi, a été pris le Décret n° 2020-1331, le 2 novembre 2020, modifiant le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

C’est ce texte qui introduit la notion de produits “essentiels” que les supermarchés peuvent continuer à vendre alors que la vente est interdite pour les produits non essentiels.

Sont des produits essentiels : les denrées alimentaires, les journaux, la papeterie, les matériaux de construction, la quincaillerie, les produits d’hygiène et d’entretien, de puériculture comprise. 

Sont des produits non essentiels : tout le reste qui se résume au textile, aux jouets, aux livres et à la high-tech.

Pas simple lorsque les rayons sont composés de produits essentiels et de produits non essentiels … d’où la débauche de plastique dans les supermarchés actuellement, utilisé pour isoler les produits non accessibles aux clients.

Sauf qu’un flou reste d’actualité. De grandes surfaces continuent en effet de proposer des produits non essentiels par le biais de commandes sur place. Le client passe commande directement dans le magasin et se rend ensuite dans un espace de retrait spécifique. Démarche non autorisée mais « pas vu pas pris » … surtout que la vente de produits non essentiels en “click and collect” est parfaitement autorisée. Il suffit alors au client d’appeler préalablement le supermarché pour se faire remettre un jouet ou une veste d’hiver.
Il semble donc que certains supermarchés ne soient pas à un appel près apparemment …

Une situation ubuesque n’est-ce-pas ?