En 2022, les véhicules neufs circulant en Europe seront obligatoirement dotés d’une boîte noire, permettant de mieux comprendre les circonstances d’un accident de la circulation.

Voyons ensemble ce qu’il en est de ce nouveau dispositif.
Annoncé en mai 2022, le dispositif sera finalement déployé en juillet 2022.

Comment fonctionnent les boîtes noires des véhicules automobiles ?

Votée le 27 novembre 2019 par le Parlement Européen via le Règlement (UE) 2019/2144 visant à améliorer la sécurité routière et la protection des occupants des véhicules, cette mesure rend obligatoire l’installation d’une boîte noire pour tous les constructeurs automobiles en Europe à partir du 6 juillet 2022. Cela concerne voitures, camionnettes, bus et camions. La mesure sera étendue le 6 juillet 2024 pour les nouvelles immatriculations.

Les deux-roues ne sont pas touchés par la mesure. 

Ce dispositif suscite l’inquiétude des usagers, soucieux de la confidentialité et de la sécurité de leurs données. Aussi, pour pallier ces craintes, le texte précise que les données collectées seront rendues anonymes.

Par ailleurs, “un enregistreur de données d’événement n’est pas capable d’enregistrer et de mémoriser les quatre derniers chiffres de la partie désignation du véhicule du numéro d’identification du véhicule, ni aucune autre information qui pourrait permettre l’identification individuelle du véhicule concerné, de son propriétaire ou de son détenteur”.

En outre, ces boîtes noires ne pourront pas enregistrer de son. Elles collectent uniquement  les paramètres du véhicule comme la vitesse, l’utilisation des freins, du clignotant, la position du volant, le port de la ceinture ou le régime du moteur.

Seules 40 secondes de données seront enregistrées (30 secondes avant l’accident, 10 secondes après la collision). Au bout de cette durée, les données sont systématiquement et automatiquement effacées. Avant l’enregistrement de 40 nouvelles secondes. Le système d’enregistrement est conçu par roulement pour éviter les difficultés de stockage des données.

A noter que les boîtes noires ne pourront être désactivées par les automobilistes. On ignore encore à quelle place les constructeurs vont les installer dans les véhicules. 

L’emplacement choisi doit pouvoir éviter le piratage, l’enregistreur devra ainsi être positionné à un endroit inaccessible mais également à un endroit où la sécurité physique du boîtier sera assurée.

Qui aura accès aux données ?

Le texte de loi est très clair, seules les forces de police, les autorités judiciaires ou les instituts de recherche sur les accidents de la route auront accès aux informations collectées. Elles ne pourront être transmises aux compagnies d’assurance.

Les données seront exploitées pour comprendre les causes de l’accident mais également pour établir des statistiques. Les États membres y auront accès, « afin de mener des analyses de sécurité routière et d’évaluer l’efficacité de mesures spécifiques qu’ils ont prises. » 

Il convient de préciser que cette année, d’autres dispositifs sont rendus obligatoires comme un détecteur de somnolence, un limitateur de vitesse intelligent pouvant lire les panneaux, un système de surveillance de la pression des pneus, une caméra de recul …

A noter qu’aux Etats-Unis, ces boîtes noires sont déjà obligatoires depuis 2015 et ont vu durant la même période, les accidents baisser de 20%. L’objectif visé par le Parlement Européen est d’obtenir la même baisse significative d’accidents automobiles.