Il y a quelques jours, six français ont été condamnés à mort en Irak. Pour cause, leur appartenance à l’état islamique Daesh.
Tous déjà connus en France et condamnés dans notre pays pour leur proximité avec des réseaux terroristes, c’est l’Irak qui leur inflige la peine capitale, alors que celle-ci est interdite en France. Cette situation inédite place le gouvernement dans une situation juridique et diplomatique délicate.

La position de l’Irak

Celle-ci est très claire, c’est la souveraineté judiciaire du pays qui prime et non pas les lois françaises. Et la loi Irakienne de prévoir la peine de mort pour toute personne ayant apporté un soutien matériel à une organisation extrémiste, que l’individu ait combattu à ses côtés ou non.
Ainsi, l’Irak peut décider de la pendaison pour les ressortissants français.
A noter que l’Irak est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits de l’homme quant à sa justice expéditive et à l’existence d’actes de torture, bien souvent présents dans les prisons irakiennes.

La position de la France
Cette décision Irakienne place la France face à l’une de ses contradictions. D’un côté, la France s’oppose à la peine de mort, interdite en France, même dans les cas de terrorisme mais refuse, d’un autre côté, de demander le rapatriement des français ayant appartenu au régime de Daesh. N’est-ce-pas là les condamner à mort ?

Aussi, face à cette imbroglio juridique et moral, la France tente, par voie diplomatique, d’obtenir des autorités Irakiennes, qu’elles transforment la condamnation à mort, par pendaison, en prison à perpétuité.

Déclaration de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires Étrangères,  le 28 mai 2019 :
“Il y a deux principes, qui ne sont pas contradictoires. Le premier, c’est que ces terroristes-là – parce qu’il s’agit bien de terroristes, qui nous ont attaqué et qui ont été aussi semeurs de mort en Irak – doivent être jugés là où ils ont commis leur crimes. […] [Le deuxième, c’est que], nous sommes tout à fait opposés à la peine de mort et nous le disons. […] Nous multiplions les démarches pour éviter la peine de mort à ces quatre Français.”

Il y a de fortes chances que les discussions aboutissent. Seulement, cela ne sera pas en raison d’un quelconque souhait de l’Irak de respecter les condamnés ou d’écouter nos positions.

En effet, l’Irak a tout intérêt à ne pas exécuter les ressortissants français et à continuer les discussions avec la France. Les terroristes sont en effet, une monnaie d’échange, une aubaine pour l’Irak qui entend bien se prévaloir de sa justice et de nos réticences pour obtenir des financements et des contrats pour asseoir sa position et obtenir la libération de certains de ses propres ressortissants … Ce chantage fait à la France, l’est également envers d’autres pays.
Certains refusent de le subir et ont pour position de rapatrier leurs ressortissants, comme les Etats-Unis.

Le gouvernement Français englué dans son refus de juger en France les djihadistes détenus en Irak s’est placé dans une situation diplomatique inconfortable. Il est pourtant soutenu par la population puisqu’un sondage de février dernier indiquait que 82% des Français étaient favorables à leur jugement en Irak. Une position qui viserait également le rapatriement des femmes et des enfants, détenus aujourd’hui dans des camps en Irak et en Syrie.  

A suivre donc …