Le 18 février dernier, la Cour d’Assises de l’Isère a condamné Nordahl Lelandais à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Il a été reconnu notamment coupable de l’enlèvement, de la séquestration et du meurtre de Maëlys en 2017.

Affaire Nordahl Lelandais : les faits

Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, Maëlys De Araujo disparaît vers 3h du matin d’une soirée de mariage dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère). Sa famille la recherche durant une heure et alerte les gendarmes. Rapidement, les enquêteurs pensent qu’elle a pu monter dans une voiture. 

Le 31 août suivant, Nordahl Lelandais, 34 ans, ancien militaire, ami du marié venu en voisin, est placé en garde à vue. Invité au mariage, il s’est absenté durant la fête et reconnaît avoir eu des contacts avec l’enfant: Quelques jours plus tard, les gendarmes notent que sa voiture a été nettoyée en profondeur le lendemain du mariage. Il affirme qu’il souhaitait la vendre.

Le 3 septembre, Lelandais est à nouveau arrêté : une trace d’ADN de Maëlys a été trouvée dans sa voiture. Il est mis en examen pour enlèvement et incarcéré. 

En novembre 2017, le Procureur fait état d’images de videosurveillance détectant sa voiture au moment de la disparition de la petite fille : à l’aller il y a une petite silhouette vêtue de blanc à ses côtés, il est seul au retour. Il est mis en examen pour meurtre précédé d’enlèvement et séquestration. 

L’affaire Maëlys conduit les enquêteurs à interroger Nordahl Lelandais sur la disparition à Chambéry d’Arthur Noyer, un chasseur alpin de 23 ans. Des expertises téléphoniques montrent que les deux hommes ont voyagé ensemble, au moment de la disparition du militaire. Nordahl Lelandais est mis en examen pour meurtre le 20 décembre 2017.

Le 14 février 2018, Nordhal Lelandais avoue. Il dit avoir frappé la fillette et l’avoir tuée « involontairement ». Il conduit les enquêteurs dans le massif de la Chartreuse auprès des restes de la petite fille.

Le 29 mars, il reconnaît son implication dans la mort du militaire, évoque une bagarre qui a mal tourné.

En décembre 2018, mis en examen pour des agressions sexuelles sur deux petites-cousines de cinq et six ans pendant l’été 2017, il reconnaît les faits.

Le 27 février 2020, Nordhal Lelandais est mis en examen pour une agression sexuelle sur une troisième cousine. Il conteste les faits.

Le 11 mai 2021, Nordahl Lelandais est condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du caporal Noyer. Il ne fait pas appel.

Le 1er juin 2021, il est renvoyé devant la Cour d’Assises de l’Isère pour le meurtre de Maëlys, pour deux agressions sexuelles sur mineures et pour « détention d’images pédopornographiques ».

Le 31 janvier 2022, le procès s’ouvre devant la Cour d’Assises de l’Isère. Après trois semaines d’audience, Nordahl Lelandais est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de 22 ans de sûreté.

La réclusion criminelle à perpétuité : la plus lourde peine

La réclusion criminelle à perpétuité est une peine qui consiste dans le fait d’incarcérer un  individu sans limitation de durée. Cette peine fait partie de l’éventail des peines prévues à l’article 131-1 du Code Pénal qui peuvent être prononcée à l’encontre des auteurs d’infractions criminelles les plus graves.

On distingue également les peines de réclusion criminelle à temps qui selon les crimes, sont de 10, 15, 20 ou 30 ans.

En l’espèce, une peine de sûreté de 22 ans accompagne la réclusion à perpétuité.

La période de sûreté est une période durant laquelle la personne condamnée ne peut pas bénéficier d’aménagements de peine comme une semi-liberté ou une libération conditionnelle. La période de sûreté revient à fixer une durée d’incarcération incompressible.

Dans cette affaire, la période de sûreté est de 22 ans. Elle aurait pu être portée à 30 ans (qui est le maximum), ce qui est le cas pour les meurtres avec viol de mineurs de moins de 15 ans, de policier ou de magistrat, ou encore pour les crimes terroristes. En l’espèce Nordahl Lelandais était poursuivi pour meurtre et non pour meurtre avec viol.

Bon à savoir : la justice peut s’opposer à une libération, même au terme de la période de sûreté, dans le cas où le condamné est toujours considéré comme dangereux.