Souvenez-vous il y a quelques semaines, une jeune femme de 17 ans disparaissait 24h avant d’être retrouvée saine et sauve. Elle prétendait avoir été enlevée et séquestrée, ce qui se révélait être un mensonge.
Que risque la jeune joggeuse dont la disparition a mobilisé de très nombreuses forces de gendarmerie ?

Le rappel des faits

Le lundi 8 novembre dernier, Lisa, 17 ans, était portée disparue après que son père ait retrouvé en forêt, sur son trajet habituel de jogging, ses affaires portant quelques traces de sang.
Elle fut retrouvée vivante le lendemain, à quelques kilomètres de là, dans un snack, en état de choc.
Aux gendarmes, elle déclara avoir été victime d’un “enlèvement par deux jeunes hommes la frappant et l’emportant dans une camionnette verte dans une maison d’où elle serait parvenue à s’enfuir en frappant l’un d’entre eux, resté seul.”

Devant l’incohérence de certains propos de Lisa et des zones d’ombre sur l’emploi du temps de la jeune femme, cette dernière avoua très vite qu’elle avait inventé toute l’histoire.
Lisa aurait passé la nuit chez sa grand-mère, habitant à proximité du snack. Cette dernière n’était pas apparemment présente dans la maison.

On ignore pourquoi Lisa a menti. A ce jour, l’enquête se poursuit afin de retracer son parcours et réunir les éléments relatifs à sa personnalité. Il s’agit maintenant de comprendre son acte.

La poursuite pour dénonciation d’infraction imaginaire

Plus de 200 militaires mobilisés dans cette affaire, un hélicoptère, une équipe cynophile et une brigade fluviale, il était évident que le mensonge allait avoir du mal à passer … Et c’est ainsi que Lisa est poursuivie pour dénonciation d’infraction imaginaire.

Ce délit est encadré par l’article 434-26 du Code pénal. Il s’agit du fait “de dénoncer mensongèrement à l’autorité judiciaire ou administrative des faits constitutifs d’un crime ou d’un délit qui ont exposé les autorités judiciaires à d’inutiles recherches”.

Si Lisa est reconnue coupable, elle risque jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende. Le juge devra adapter la sanction en fonction de la personnalité de la jeune femme ainsi que des circonstances de l’infraction. Étant mineure, la joggeuse devrait écoper davantage d’une mesure à vocation éducative plutôt que d’une sanction sévère.

A noter qu’en principe l’Etat, qui a financé l’ensemble des opérations peut également porter plainte s’il estime avoir subi un dommage. Il devra alors se constituer partie civile durant la procédure et démontrer que ses dommages sont en lien direct avec l’infraction. 

Ce n’est pas la première fois qu’un individu est pris la main dans le sac du mensonge ayant à la fois mobilisé les forces de police et mis en émoi les médias et les citoyens.
Rappelons-nous de cette jeune femme, qui prétendait avoir été victime d’une agression antisémite dans le RER D en juillet 2004. Elle avait ainsi écopé de quatre mois de prison avec sursis pour dénonciation d’infraction imaginaire.

En décembre 2014, un chauffeur d’autobus de 24 ans avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir mis en scène son agression dans le Val-d’Oise. 

Les exemples sont malheureusement réguliers, certains individus – jeunes pour la plupart – ne comprenant pas immédiatement l’étendue de leur geste et leurs conséquences parfois très lourdes.