Début novembre, le gouvernement, par la voix du son Premier Ministre, Edouard Philippe, a présenté sa nouvelle politique migratoire. Ce sont au total près d’une vingtaine de mesures qui ont été décidées et qui tendent à une immigration “maîtrisée”.
Sur l’ensemble des mesures annoncées, certaines créées d’ores et déjà la polémique, cristallisant contre le Premier Ministre, les désaccords de l’opposition comme celle de la majorité.

La mise en place de quotas d’immigration professionnelle

Partant du constat de Pôle Emploi selon lequel 150 000 et 300 000 offres d’emploi ne trouvent pas de candidat en France, le gouvernement a décidé la création d’ »objectifs chiffrés ou quotas » d’immigration destinés à pallier ces difficultés de recrutement. 

Selon la Ministre du Travail, Muriel Pénicaud, les chômeurs français resteront prioritaires mais les individus issus de l’immigration pourront venir combler les besoins complémentaires.

Chaque année, une liste des métiers en tension sera établie puis transmise aux services concernés.

Création d’un délai de carence pour la protection maladie

L’accès à la protection universelle maladie, ouvert aux demandeurs d’asile dès leur demande va être restreint. En effet, un délai de carence de trois mois sera mis en place dans les prochaines semaines.
Ce délai de carence sera écarté pour les mineurs.
Pour les individus entrés en France avec un visa touristique, le délai ne débutera qu’à l’expiration de leur visa.

Réforme de l’aide médicale d’Etat

L’AME va connaître de profondes transformations puisqu’elle va être réduite de moitié (passant de 12 à 6 mois) pour les individus à qui le droit d’asile a été refusé et les personnes sans papier. 
Une autre mesure est envisagée; celle instaurant l’accord préalable de la Sécurité sociale pour certains actes non urgents (chirurgie de l’oeil, de la hanche …), toujours dans le cadre de l’AME.

Évacuation des campements du nord-est de Paris
Le gouvernement a annoncé le démantèlement des campements situés notamment autour de la porte d’Aubervilliers avant la fin de l’année.

Des conditions de naturalisations resserrées

Les conditions de naturalisation vont être restreintes également, notamment sur le volet apprentissage de la langue. Au-delà de la maîtrise de la langue française, l’exigence va porter sur le partage des valeurs de la République dont la laïcité.

Création de nouveaux centres de rétention
Edouard Philippe a annoncé la création de trois nouveaux centres de rétention, sans autre précision ni géographique, ni de logistique. La France compte actuellement 25 centres dont les conditions d’accueil sont très souvent pointées du doigt par les associations humanitaires. 

Voici quelques unes des mesures de cette nouvelle politique migratoire qui fait grincer des dents de tous côtés : certains reprochant au gouvernement Macron de stigmatiser une partie de la population, tandis que d’autres souhaiteraient une réforme plus profonde. De leur côté, les associations d’aide aux migrants ont dénoncé des mesures « inutiles », voire « dangereuses ».