Jamais nous ne penserions parler un jour de restaurants clandestins… Et pourtant, depuis quelques semaines, les médias se font l’écho de restaurants ouverts malgré les interdictions édictées par la crise sanitaire.
Cela fait d’autant plus désordre lorsque ce sont des magistrats ou des membres de la police nationale qui sont attablés dans les arrières-salles …

Interdiction d’ouverture pour les restaurants

Depuis le 29 octobre 2020, un décret a imposé pour la deuxième fois la fermeture des bars et restaurants pour raisons sanitaires.
Ainsi, les restaurants et débits de boissons, le room-service des restaurants, bars d’hôtels restent portes closes. En cause, la crise du Covid qui n’en finit pas et les risques trop importants selon les autorités, d’une hausse de la contagion du fait de la proximité des clients.

Seules les activités de vente à emporter sont autorisées entre 6h et 18h (les livraisons sont autorisées au-delà de 18h).
Les restaurateurs qui enfreignent le décret risquent une lourde amende, la non-éligibilité aux aides financières de l’Etat, et pire, la fermeture administrative immédiate de leur établissement pour non-respect des règles édictées.

L’établissement peut également se voir sanctionné par le maire pour non-respect des impératifs de santé publique et de sécurité publique. Là encore, cela peut entraîner une fermeture administrative (2 mois maximum, trois mois s’il s’agit d’un établissement de vente de boissons alcoolisées à emporter).

Une action de désobéissance civile

Le 1er février, une journée d’action s’est mise en place à l’initiative de certains restaurateurs, excédés par les mesures de restrictions sanitaires. Plusieurs groupes Facebook ont été organisés autour de cette date. Le groupe le plus conséquent « Mon restaurant ouvre le 1er février » regroupait plus de 18 000 membres au 27 janvier.

On attendait une ouverture massive des restaurants en France mais devant les sanctions rappelées par Bruno Le Maire et les promesses de contrôles massifs, les propriétaires ont préféré rester raisonnables et si certains ont ouvert, c’était uniquement pour une action de vente à emporter.

Des magistrats et des officiers de police pris la fourchette dans l’assiette

Au-delà de cette action médiatique visant à attirer l’attention des politiques sur leur désespérance, d’autres établissements ouvrent régulièrement leurs salles. Pas vu, pas pris.

Jusqu’au jour où. Une histoire à rebondissement.

A Paris, c’est le restaurant l’Annexe sur l’île de la Cité qui a été contrôlé fin janvier. A ses tables discrètes, des magistrats, venus déjeuner. Une dizaine de personnes aurait été verbalisée d’une amende de 135 €.

C’est le journal Le Parisien qui nous apprenait les faits.
Le lendemain, la Cour d’appel de Paris assurait qu’après “vérifications immédiates” et ”examen des éléments portés à (la) connaissance des chefs de cour, les verbalisations ne concernent aucun magistrat de l’ordre judiciaire”. 

Rebondissement quelques heures plus tard : la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) annonçait avoir demandé la démission de deux de ses membres, verbalisés pour avoir déjeuné à la terrasse fermée d’un restaurant proche de l’ancien palais de justice de Paris.
Ces demandes de démission concernent un “magistrat exerçant les fonctions de président vacataire à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) et un enseignant à l’université exerçant les fonctions d’assesseur auprès de la même juridiction”. Il ne s’agit donc pas de magistrats de l’ordre judiciaire, d’où le communiqué de la Cour d’Appel. Le mystère est levé.

A Carpentras, le même week-end, c’est le commissaire de police qui a été contrôlé dans un restaurant bien connu de la ville alors qu’il consommait un verre au comptoir. Gérald Darmanin avait requis sa suspension. Il a finalement été muté dans le Val d’Oise, à Sarcelles.

Avec le covid-19, la clandestinité coûte cher …