Le 8 novembre dernier, Arnaud Bouriant, Avocat au Barreau de Paris, est décédé quelques minutes avant le début d’un procès à Aix-en-Provence.
Très vite, une polémique a pris place sur le célèbre réseau social Twitter.

L’emballement numérique

Arnaud Bouriant avait 45 ans, il est mort d’un infarctus au sein même du Palais de Justice d’Aix en Provence.

Rapidement pris en charge par les services de secours, il meurt une heure après son malaise cardiaque, juste avant de débuter une audience.
Ce qui aurait pu rester un triste drame est devenu en quelques minutes un buzz sur Twitter, certains avocats prenant leur smartphone pour dénoncer, choqués, le fait que l’audience ait été tenue malgré les circonstances.

Quelques exemples : 

Aujourd’hui un confrère de 45 ans s’est écroulé en pleine audience. Il a été pris en charge. Il est mort. L’audience s’est poursuivie dans une salle à côté. Je ne sais pas ce que nous sommes devenus. Pensées à ses proches.

Condoléances à la famille d’Arnaud Bouriant. La décision de poursuivre l’audience après le décès de notre confrère est indigne

… et l’audience s’est poursuivie pendant ce temps-là, en la déplaçant simplement dans une salle voisine, parce qu’on ne va pas suspendre les débats pour un avocat de 45 ans sur lequel on pose un linceul. On aurait eu plus de considération pour une bête.

Ces tweets ont touché Jérôme Gavaudan, Président du Conseil National des Barreaux qui par un tweet également, alors qu’il présentait ses condoléances à la famille, précisait qu’il souhaitait en savoir davantage sur la chronologie des faits pour la présenter à la famille.

La réalité des faits

Après quelques recherches, il s’est avéré que les faits ne correspondaient finalement pas à la teneur des publications criants à l’indécence.

En effet, rappelons que lorsque l’avocat s’effondre, les magistrats n’étaient pas encore rentrés dans la salle, l’audience n’avait pas commencé.

Il a été décidé que l’audience aurait lieu dans une autre salle, les professionnels présents ne connaissaient pas alors la gravité de la situation. Ce n’est qu’après l’audience que chacun a été informé du décès d’Arnaud Bouriant.

Par ailleurs, les deux salles (celle où devait se tenir l’audience et celle où s’est finalement tenue l’audience) étaient situées dans deux ailes distinctes du Palais de Justice, sans communication aucune entre elles. 

Il apparaît finalement que le déroulé des faits ne remet nullement en cause l’attitude des protagonistes sur place.

Ce n’est pas la première fois que Twitter se fait le Tribunal d’une situation dont on ne connaît ni le début ni la fin. Et ça se reproduira certainement.
Il est tout de même dommage que ce soient des avocats qui aient dégainé leur smartphone avant même de connaître la situation réelle.
L’émotion ne justifie pas le manque de recul. Au contraire.