Si le confinement est difficile à vivre pour tous, nous ne sommes pas égaux face aux privations d’aller et venir. Plus que jamais les différences sociales et économiques se creusent et le confinement a des conséquences désastreuses dans bien des familles.
L’une d’elles est l’augmentation des violences familiales. Nombreuses sont les femmes, les hommes et les enfants obligés de vivre avec leur bourreau, sans échappatoire.
Des dispositifs nouveaux ont été mis en place depuis le début du confinement.

Une augmentation des violences conjugales

Après une semaine de confinement seulement, les violences conjugales étaient déjà en grande progression, de 30% environ, et ceci concerne toutes les régions de France avec parfois des augmentations saisissantes : en Haute-Garonne c’est une hausse des violences de près de 83% qui a été constatée par les services de gendarmerie !
Dans le même temps, les appels auprès du 39-19, numéro d’aide aux violences conjugales baissent … difficile d’appeler à l’aide lorsque l’on vit sous le même toit, 24h/24 qu’un conjoint violent.

Quelles sont les conséquences juridiques des coups portés ?

Il est toujours bon de rappeler les peines prévues pour les auteurs de violences intrafamiliales.

  • Violences conjugales ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure ou égale à 8 jours ou n’ayant entraîné aucune ITT : jusqu’à 3 ans de prison et 45.000€ d’amende et jusqu’à 5 ans de prison et 75.000€ d’amende s’il s’agit de violences fréquentes.
  • Violence conjugales ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours : jusqu’à 5 ans de prison et 75.000€ d’amende et jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150.000€ d’amende s’il s’agit de violences fréquentes.
  • Violences ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner : jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et 30 ans s’il s’agit de violences fréquentes.
  • Violences psychologiques et harcèlement moral ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours : jusqu’à 3 ans de prison et 45.000€ d’amende.
  • Viol : jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
  • Meurtre ou tentative de meurtre : prison à perpétuité.

Malgré les peines lourdes prévues par la loi, les violences perdurent et augmentent. Il est ainsi indispensable d’accompagner les victimes par des mesures supplémentaires, le droit se trouve bien souvent démuni devant le silence compréhensible des hommes, des femmes, des enfants et devant – reconnaissons-le, les dysfonctionnements de la société dans son ensemble à ce sujet.

Les mesures de protection mises en place durant le confinement

Les mesures de protection des victimes de violence ont été renforcées durant le confinement et adaptées à la situation d’enfermement.

  • les pharmacies deviennent des lieux d’alerte

Sur annonce du ministre de l’Intérieur, les pharmacies ont pris un rôle important dans la lutte contre les violences. Celles-ci sont en capacité d’alerter et de faire intervenir les forces de l’ordre en cas de violences intrafamiliales. Les professionnels des pharmacies ne se substituent pas aux gendarmes mais ils peuvent entamer les démarches de signalement aux forces de l’ordre. 

  • un SMS au 114

Un numéro d’alerte par SMS a été élargi depuis le 1er avril, aux victimes de violences conjugales. Ainsi, il est possible de signaler toute violence par un message au 114. 

  • des points d’accueil devant ou dans les supermarchés

Les sorties courses sont parfois les seules sorties “libres” des victimes de violence. Aussi, des points d’accueil éphémères ont été organisés dans les grandes surfaces. Une vingtaine de points d’accueil devraient essaimer le territoire. Les victimes rencontrent sur place des bénévoles chargés de les accueillir et de les conseiller sur leurs droits.

  • le 08.019.019.11 pour les auteurs de violence

Changement d’approche : cette fois-ci, c’est aux auteurs de violences que les psychologues et spécialistes s’adressent à travers cette ligne téléphonique ouverte tous les jours.

Plus que jamais, il est important de rappeler aux victimes de violence que des solutions sont possibles pour ne plus subir.