La loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), adoptée le 8 mars 2018, publiée au Journal officiel le 9 mars et portée par Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, réforme l’entrée à l’université des jeunes bacheliers.
Sa mise en place, dès la rentrée 2018, fait grincer des dents depuis plusieurs mois. Blocages d’université par les étudiants, saisine du Conseil Constitutionnel, ParcoursSup est un feuilleton à rebondissements dont les familles se seraient bien passées.  

La loi réformant l’accès à l’enseignement supérieur a fait parler d’elle tout au long de l’année. Présentée comme une petite révolution qui faciliterait les inscriptions dans le supérieur des jeunes gens, elle n’apparaît pas aujourd’hui comme l’avancée promise alors même que le but premier de la loi Vidal était de supprimer le tirage au sort, pratique qui existait dans certaines filières lorsque le nombre de candidats dépassait le nombre de places disponibles.

Le fonctionnement de Parcoursup

Les universités indiquent les compétences qu’elles attendent de la part de leurs candidats, les lycéens formulent leurs voeux et les deux volontés se rejoignent ainsi. Un jeu d’algorithme tout droit issu du Big Data et des nouvelles technologies.
Priorité est donnée aux lycéens de l’académie, avec possibilité pour le recteur de fixer un quota de candidats hors académie.

S’il y a plus de candidatures que de places, le lycéen se trouve en situation d’attente. Par ailleurs, pour les filières dites “en tension”, les universités peuvent choisir leurs futurs étudiants sur dossier. Et c’est sur ces 2 points que la réforme a du mal à passer.

Parcoursup et la grogne des familles

Le choix sur dossier revenant à une sélection mal perçue par les bacheliers et l’inscription sur listes d’attente, qui peuvent être longues, ne facilite pas l’acceptation du nouveau parcours d’accès à l’enseignement supérieur.
Le souci de la lenteur de Parcoursup ? La possibilité de pouvoir accepter un vœu tout en le mettant « en attente »
Au 20 juillet 2018, près de 130 000 étudiants étaient encore sans affectation pour la rentrée !

L’un des autres points de mécontentements se situe dans l’absence de transparence des critères de choix des universités. En effet, les critères de sélection ne sont pas dévoilés alors même que l’obligation de transparence est régie par des dispositions spécifiques contenues dans le Code des relations entre le public et l’administration (CRPA) ainsi que par le code de l’éducation.

Seul l’article L612-3 de la loi ORE dispose que les candidats ont « la possibilité d’obtenir, s’ils en font la demande, la communication des informations relatives aux critères et modalités d’examen de leurs candidatures ainsi que des motifs pédagogiques qui justifient la décision prise ».

Termes imprécis (“motifs pédagogiques”), possibilité de connaître les critères a posteriori, traitements de données personnelles … la loi ORE fait grincer des dents tant elle s’éloigne des textes de loi issus du règlement général sur la protection des données (RGPD), de la loi Informatique et Liberté et du Code des relations entre le public et l’administration (CRPA) sur le traitement des données personnelles, la transparence exigée des universités et des algorithmes.

Au-delà de l’opportunité et de l’efficacité de ce nouvel outil, il y a fort à parier que le dispositif Parcoursup fera encore parler de lui dans les mois à venir.